Prières Bien Etre & francemarc13janvier@live.fr

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant,créateur du ciel et de la terre ;et en Jésus-Christ,son fils unique,notre Seigneur,qui a été conçu du Saint-Esprit,est né de la Vierge-Marie,a souffert sous Ponce Pilate est mort et a été enseveli,est décendu aux enfers,le troisième jour est ressuscité des morts,est monté aux cieux,est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts.à la résurrection de la chair Je crois en l’Esprit-Saint,,à la sainte Eglise catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés,à la résurrection de la chair,à la vie éternelle. Amen.
Notre Père
Notre Père qui êtes aux cieux. Que votre nom soit sanctifié. Que votre règne arrive. Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laissez pas succomber à ta tentation. Mais délivrez-nous du mal.
Je vous salue, Marie
Je vous salue, Marie pleine de grâce ;e Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus,e fruit de vos entrailles, est béni.Sainte Marie, Mère de Dieu,priez pour nous pauvres pécheurs,maintenant et à l’heure de notre mort..
Amen.
Prières Bien Etre & francemarc13janvier@live.fr

Pour se ressourcer, et trouver réconfort dans la prière.


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livre3 suite et fin.

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francemarc
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livre3 suite et fin.

Message par francemarc le Ven 15 Avr - 15:12

46. Qu'il faut mettre sa confiance en Dieu, lorsqu'on est assailli de

paroles injurieuses





1.Jésus-Christ: Mon fils, demeurez ferme, et espérez en moi. Qu'est-ce, après tout, que

des paroles ? un vain bruit: elles frappent l'air, mais ne brisent point la pierre.

Si vous êtes coupable, songez que votre désir doit être de vous corriger. Si votre

conscience ne vous reproche rien, pensez que vous devez souffrir avec joie cette légère

peine pour Dieu.

C'est bien le moins que de temps en temps vous supportiez quelques paroles, vous qui

ne pouvez encore soutenir de plus dures épreuves.

Et pourquoi de si petites choses vont-elles jusqu'à votre coeur, si ce n'est que vous êtes

encore charnel, et trop occupé des jugements des hommes ?

Vous craignez le mépris, et à cause de cela vous ne voulez pas être repris de vos fautes

et vous cherchez des excuses pour les couvrir.

2.Scrutez mieux votre coeur et vous reconnaîtrez que le monde vit encore en vous, et le

vain désir de plaire aux hommes.

Car votre répugnance à être abaissé, confondu par vos faiblesses, prouve que vous

n'avez pas une humilité sincère, que vous n'êtes pas véritablement mort au monde, et

que le monde n'est pas crucifié pour vous.

Ecoutez ma parole et vous vous inquiéterez peu de toutes les paroles des hommes.

Quand on dirait contre vous tout ce que peut inventer la plus noire malice, en quoi cela

vous nuirait-il, si vous le laissez passer comme la paille que le vent emporte ? En

perdriez-vous un seul cheveu ?

3.Celui dont le coeur n'est pas renfermé en lui-même et qui n'a pas Dieu toujours

présent, s'émeut aisément d'une parole de blâme.

Mais celui qui se confie en moi et qui ne s'appuie pas sur son propre jugement, ne

craindra rien des hommes.

Car c'est moi qui connais et qui juge ce qui est secret, je sais la vérité de toutes choses,

qui a fait l'injure et qui la souffre.

Cette parole, elle est venue de moi; cet événement, je l'ai permis afin que ce qu'il y a

de caché dans beaucoup de coeurs fut révélé.

Je jugerai l'innocent et le coupable; mais par un secret jugement, j'ai voulu auparavant

éprouver l'un et l'autre.

4.Le témoignage des hommes trompe souvent, mais mon jugement est vrai; il subsistera

et ne sera point ébranlé.

Le plus souvent il est caché et peu de personnes le découvrent en chaque chose;

cependant il n'erre jamais et ne peut errer, quoiqu'il ne paraisse pas toujours juste aux

yeux des insensés.

C'est donc à moi qu'il faut remettre le jugement de tout, sans jamais s'en rapporter à

son propre sens.

Le juste ne sera point troublé, quoiqu'il arrive par l'ordre de Dieu. Il lui importera

peu qu'on l'accuse injustement.

Et si d'autres le défendent et réussissent à le justifier, il n'en concevra pas non plus une

vaine joie.

Car il se souvient que c'est moi qui sonde les coeurs et les reins, et que je ne juge point

sur les dehors et les apparences humaines.

Ce qui paraît louable au jugement des hommes, souvent est criminel à mes yeux.

5.Le fidèle: Seigneur, mon Dieu, juge infiniment juste, fort et patient, qui connaissez la

fragilité de l'homme et son penchant au mal, soyez ma force et toute ma confiance; car

ma conscience ne me suffit pas.

Vous connaissez ce que je ne connais point; ainsi j'ai dû m'abaisser sous tous les

reproches et les supporter avec douceur.

Pardonnez-moi, dans votre bonté, toutes les fois que je n'ai pas agi de la sorte, et

donnez-moi plus abondamment la grâce qui apprend à souffrir.

Car je dois compter bien plus sur votre grande miséricorde pour obtenir le pardon, que

sur ma vertu apparente, pour justifier ce que ma conscience recèle.

Quoique je ne me reproche rien, je ne suis cependant pas justifié pour cela; parce que

sans votre miséricorde, nul homme vivant ne sera juste devant vous.





47. Qu'il faut être prêt à souffrir pour la vie éternelle tout ce qu'il y a de

plus pénible





1.Jésus-Christ: Mon fils, que les travaux que vous avez entrepris pour moi ne brisent pas

votre courage, et que les afflictions ne vous abattent pas entièrement; mais qu'en tout

ce qui arrive, ma promesse vous console et vous fortifie.

Je suis assez puissant pour vous récompenser au-delà de toutes bornes et de toute

mesure.

Vous ne serez pas longtemps ici dans le travail, ni toujours chargé de douleurs.

Attendez un peu et vous verrez promptement la fin de vos maux.

Une heure viendra où le travail et le trouble cesseront.

Tout ce qui passe avec le temps est peu de chose et ne dure guère.

2.Faites ce que vous avez à faire; travaillez fidèlement à ma vigne, et je serai moi-même

votre récompense.

Ecrivez, lisez, chantez mes louanges, gémissez, gardez le silence, priez, souffrez

courageusement l'adversité; la vie éternelle est digne de tous ces combats, et de plus

grands encore.

Il y a un jour connu du Seigneur où la paix viendra; et il n'y aura plus de jour ni de nuit

comme sur cette terre mais une lumière perpétuelle, une splendeur infinie, une paix

inaltérable, un repos assuré.

Vous ne direz plus alors: Qui me délivrera de ce corps de mort ? Vous ne vous

écrierez plus: Malheur à moi, parce que mon exil a été prolongé ! car la mort sera

détruite, et le salut sera éternel; plus d'angoisse, une joie ravissante, une société de

gloire et de bonheur.

3.Oh ! si vous aviez vu, dans le ciel, les couronnes immortelles des saints ! de quel

glorieux état resplendissent ces hommes que le monde méprisait et regardait comme

indignes de vivre ! aussitôt, certes, vous vous prosterneriez jusque dans la poussière, et

vous aimeriez mieux être au-dessous de tous qu'au-dessus d'un seul.

Vous ne désireriez point les jours heureux de cette vie; mais plutôt vous vous

réjouiriez de souffrir pour Dieu, et vous regarderiez comme le plus grand gain d'être

compté pour rien parmi les hommes.

4.Oh ! si vous goûtiez ces vérités, si elles pénétraient jusqu'au fond de votre coeur,

comment oseriez-vous vous plaindre, même une seule fois ?

Est-il rien de pénible qu'on ne doive supporter pour la vie éternelle ?

Ce n'est pas peu de gagner ou de perdre le royaume de Dieu.

Levez donc les yeux au ciel. Me voilà, et avec moi tous mes saints; ils ont soutenu dans

ce monde un grand combat; et maintenant ils se réjouissent, maintenant ils sont

consolés et à l'abri de toute crainte, maintenant ils se reposent, et ils demeureront à

jamais avec moi dans le royaume de mon Père.



48. De l'éternité bienheureuse et des misères de cette vie





1.Le fidèle: Ô bienheureuse demeure de la cité céleste ! Jour éclatant de l'éternité, que la

nuit n'obscurcit jamais et que la vérité souveraine éclaire perpétuellement de ses

rayons; jour immuable de joie et de repos, que nulle vicissitude ne trouble !

Oh ! que ce jour n'a-t'il lui déjà sur les ruines du temps et de tout ce qui passe avec le

temps !

Il luit pour les saints dans son éternelle splendeur; mais nous, voyageurs sur la terre,

nous ne le voyons que de loin, comme à travers un voile.

2.Les citoyens du ciel en connaissent les délices; mais les fils d'Eve, encore exilés,

gémissent sur l'amertume et l'ennui de la vie présente.

Les jours d'ici-bas sont courts et mauvais, pleins de douleurs et d'angoisses.

L'homme y est souillé de beaucoup de péchés, engagé dans beaucoup de passions, agité

par mille craintes, embarrassé de mille soins, emporté çà et là par la curiosité, séduit

par une foule de chimères, environné d'erreurs, brisé de travaux, accablé de tentations,

énervé de délices, tourmenté par la pauvreté.

3.Oh ! quand viendra la fin de ces maux ? quand serai-je délivré de la misérable servitude

des vices ? quand me souviendrai-je, Seigneur, de vous seul ? quand goûterai-je en

vous une pleine joie ?

Quand, dégagé de toute entrave, jouirai-je d'une vraie liberté, désormais exempte de

toute peine et du corps et de l'esprit ?

Quand posséderai-je une joie solide, assurée, inaltérable, paix au-dedans et au-dehors,

paix affermie de toutes parts ?

Ô bon Jésus ! quand me sera-t'il donné de vous voir, de contempler la gloire de votre

règne ? quand me serez-vous tout en toute chose ?

Quand serai-je avec vous dans ce royaume que vous avez préparé de toute éternité à

vos élus ?

J'ai été délaissé, pauvre, exilé, en une terre ennemie, où il y a guerre continuelle et de

grandes infortunes.

4.Consolez mon exil, adoucissez l'angoisse de mon coeur: car il soupire après vous de

toute l'ardeur de ses désirs.

Tout ce que le monde m'offre ici-bas pour me consoler me pèse.

Je voudrais m'unir intimement à vous, et je ne puis atteindre à cette ineffable union.

Je voudrais m'attacher aux choses du ciel, et mes passions immortifiées me replongent

dans celles de la terre.

Mon âme aspire à s'élever au-dessus de tout, et la chair me rabaisse au-dessous, malgré

mes efforts.

Ainsi, homme misérable, j'ai sans cesse la guerre au-dedans de moi et je me suis à

charge à moi-même, l'esprit voulant s'élever toujours et la chair toujours descendre !

5.Oh ! combien je souffre en moi lorsque, méditant les choses du ciel, celles de la terre

viennent en foule se présenter à ma pensée durant la prière ! Mon Dieu, ne vous

éloignez pas de moi et n'abandonnez point votre serviteur dans votre colère.

Faites briller votre foudre et dissipez ces visions de la chair: lancez vos flèches, et

mettez en fuite ces fantômes de l'ennemi.

Rappelez à vous tous mes sens; faites que j'oublie toutes les choses du monde et que je

rejette promptement avec mépris ces criminelles images.

Eternelle vérité, prêtez-moi votre secours afin que nulle chose vaine ne me touche.

Venez en moi, céleste douceur, et que tout ce qui n'est pas pur s'évanouisse devant

vous.

Pardonnez-moi aussi, et usez de miséricorde, toutes les fois que dans la prière je

m'occupe d'autre chose que de vous.

Car je confesse sincèrement que la distraction m'est habituelle.

Dans le mouvement ou dans le repos, bien souvent je ne suis point où est mon corps,

mais plutôt où mon esprit m'emporte.

Je suis là où est ma pensée, ma pensée est d'ordinaire où est ce que j'aime.

Ce qui me plaît naturellement ou par habitude, voilà ce qui d'abord se présente à elle.

6.Et c'est pour cela, ô Vérité, que vous avez dit expressément: Où est votre trésor, là

aussi est votre coeur.

Si j'aime le ciel, je pense volontiers aux choses du ciel.

Si j'aime le monde, je me réjouis des prospérités du monde et je m'attriste de ses

adversités.

Si j'aime la chair, je me représente souvent ce qui est de la chair.

Si j'aime l'esprit, ma joie est de penser aux choses spirituelles.

Car il est doux de parler et d'entendre parler de tout ce que j'aime, et j'en emporte avec

moi le souvenir dans ma retraite.

Mais heureux l'homme, ô mon Dieu ! qui à cause de vous, bannit de son coeur toutes

les créatures, qui fait violence à la nature et crucifie par la ferveur de l'esprit les

convoitises de la chair, afin de vous offrir du fond d'une conscience où règne la paix,

une prière pure, et que, dégagé au-dedans et au-dehors de tout ce qui est terrestre, il

puisse se mêler au choeurs des anges !



49. Du désir de la vie éternelle, et des grands biens promis à ceux qui

combattent courageusement





1.Jésus-Christ: Mon fils, lorsque le désir de l'éternelle béatitude vous est donné d'en haut

et que vous aspirez à sortir de la prison du corps pour contempler ma lumière sans

ombre et sans vicissitude, dilatez votre coeur et recevez avec amour cette sainte

aspiration.

Rendez grâce de toute votre âme à la bonté céleste, qui vous prodigue ainsi ses faveurs,

qui vous

visite avec tendresse, vous excite, vous presse et vous soulève puissamment, de peur

que votre poids ne vous incline vers la terre.

Car rien de cela n'est le fruit de vos pensées ou de vos efforts, mais une grâce de Dieu,

qui a daigné jeter sur vous un regard afin que, croissant dans la vertu et dans l'humilité,

vous vous prépariez à de nouveaux combats et que tout votre coeur s'attache à moi

avec la volonté ferme de me servir.

2.Quelque ardent que soit le feu, la flamme cependant ne monte pas sans fumée.

Ainsi quelques-uns, quoique embrasés du désir des choses célestes, ne sont point

néanmoins entièrement dégagés des affections et des tentations de la chair.

Et c'est pourquoi ils n'ont pas en vue la seule gloire de Dieu, dans ce qu'ils demandent

avec tant d'instance.

Tel est souvent votre désir, que vous croyez si vif et si sûr.

Car rien n'est pur ni parfait, de ce qui est mêlé d'intérêt propre.

3.Demandez, non ce qui vous est doux, non ce qui vous offre quelque avantage, mais ce

qui m'honore et me plaît; car si vous jugez selon la justice, vous devez, docile à mes

ordres, les préférer à vos désirs et à tout ce qu'on peut désirer.

Je connais votre désir; j'ai entendu vos gémissements.

Vous voudriez jouir déjà de la liberté glorieuse des enfants de Dieu; déjà la demeure

éternelle, la céleste patrie où la joie ne tarit jamais, ravit votre pensée. Mais l'heure

n'est pas encore venue, vous êtes encore dans un autre temps, temps de guerre, temps de

travail et d'épreuves.

Vous désirez être rassasié du souverain bien, mais cela ne se peut maintenant.

C'est moi qui suis le bien suprême; attendez-moi dit le Seigneur, jusqu'à ce que vienne

le royaume de Dieu.

4.Il faut que vous soyez encore éprouvé sur la terre et exercé de bien des manières. De

temps en temps vous recevrez des consolations, mais jamais assez pour rassasier vos

désirs.

Ranimez donc votre force et votre courage pour accomplir et pour souffrir ce qui

répugne à la nature.

Il faut que vous vous revêtiez de l'homme nouveau, que vous vous changiez en un

autre homme.

Il faut que souvent vous fassiez ce que vous ne voulez pas, et que vous renonciez à ce

que vous voulez.

Ce que les autres souhaitent réussira, mille obstacles s'opposeront à ce que vous

souhaitez.

On écoutera ce que disent les autres, ce que vous direz sera compté pour rien.

Ils demanderont et ils obtiendront; vous demanderez et on vous refusera.

5.On parlera d'eux, on les exaltera; et personne ne parlera de vous.

On leur confiera tel ou tel emploi, et l'on ne vous jugera propre à rien.

Quelquefois la nature s'en affligera; et ce sera beaucoup si vous le supportez en silence.

C'est dans ces épreuves et une infinité d'autres semblables que, d'ordinaire, on reconnaît

combien un vrai serviteur de Dieu sait se renoncer et se briser à tout.

Il n'est presque rien qui vous fasse sentir autant le besoin de mourir à vous -même, que

de voir et de souffrir ce qui répugne à votre volonté, surtout lorsqu'on vous commande

des choses inutiles ou déraisonnables.

Et parce que, assujetti à un supérieur, vous n'osez résister à son autorité, il vous semble

dur d'être en tout conduit par un autre et de n'agir jamais selon vos propres sens.

6.Mais pensez, mon fils, aux fruits de vos travaux, à leur prompte fin, à leur récompense

trop grande, et loin de les porter avec douleur, vous y trouverez une puissante

consolation.

Car, pour avoir renoncé maintenant à quelques vaines convoitises, vous ferez

éternellement votre volonté dans le ciel.

Là tous vos voeux seront accomplis, tous vos désirs satisfaits.

Là tous les biens s'offriront à vous, sans que vous ayez à craindre de les perdre.

Là votre volonté ne cessant jamais d'être unie à la mienne, vous ne souhaiterez rien

hors de moi, rien qui vous soit propre.

Là personne ne vous résistera, personne ne se plaindra de vous, personne ne vous

suscitera de contrariétés ni d'obstacles; mais tout ce qui peut être désiré étant présent à

la fois, votre âme, rassasiée pleinement, n'embrassera qu'à peine cette immense félicité.

Là je donnerai la gloire pour les opprobres soufferts, la joie pour les larmes, pour la

dernière place un trône dans mon royaume éternel.

Là éclateront les fruits de l'obéissance, la pénitence se réjouira de ses travaux, et

l'humble dépendance sera glorieusement couronnée.

7.Maintenant donc, inclinez-vous humblement sous la main de tous et ne regardez point

qui a dit ou ordonné cela.

Mais si quelqu'un demande ou souhaite quelque chose de vous, qui que ce soit, ou

votre supérieur, ou votre inférieur, ou votre égal, loin d'en être blessé, ayez soin de

l'accomplir avec une effusion sincère.

Que l'un recherche ceci, un autre cela; que celui-là se glorifie d'une chose, celui-ci

d'une autre, et qu'il en reçoive mille louanges; pour vous, ne mettez votre joie que dans

le mépris de vous-même, dans ma volonté et ma gloire.

Vous ne devez rien désirer, sinon que, soit par la vie, soit par la mort, Dieu soit

toujours glorifié en vous.





50. Comment un homme dans l'affliction doit s'abandonner entre les

mains de Dieu





1.Le fidèle: Seigneur mon Dieu, Père saint, soyez béni maintenant et dans toute l'éternité,

parce qu'il a été fait comme vous l'avez voulu, et ce que vous faites est bon.

Que votre serviteur se réjouisse, non en lui-même ni en nul autre, mais en vous seul,

parce que vous seul êtes la véritable joie: vous êtes, Seigneur, mon espérance, ma

couronne, ma joie, ma gloire.

Qu'y a-t-il en votre serviteur qu'il n'ait reçu de vous, et sans l'avoir mérité ?

Tout est à vous: vous avez tout fait, tout donné.

Je suis pauvre, et dans les travaux dès mon enfance. Quelquefois mon âme est triste

jusqu'aux larmes, et quelquefois elle se trouble en elle-même, à cause des passions qui

la pressent.

2.Je désire la joie de la paix, j'aspire à la paix de vos enfants, que vous nourrissez dans

votre lumière et vos consolations.

Si vous me donnez la paix, si vous versez en moi votre joie sainte, l'âme de votre

serviteur sera comme remplie d'une douce mélodie et, ravi d'amour, il chantera vos

louanges.

Mais si vous vous retirez, comme vous le faites souvent, il ne pourra courir dans la

voie de vos commandements; alors il ne lui reste qu'à tomber à genoux et se frapper la

poitrine, parce qu'il n'en est plus pour lui comme auparavant, lorsque votre lumière

resplendissait sur sa tête, et qu'à l'ombre de vos ailes il trouvait un abri contre les

tentations.

3.Père juste et toujours digne de louanges, l'heure est venue où votre serviteur doit être

éprouvé.

Père aimable, il est juste que votre serviteur souffre maintenant quelque chose pour

vous.

Père à jamais adorable, l'heure que vous avez prévue de toute éternité est venue, où il

faut que votre serviteur succombe pour un peu de temps au-dehors, sans cesser de vivre

toujours intérieurement en vous.

Il faut que pour un peu de temps il soit abaissé, humilié, anéanti devant les hommes,

brisé de souffrances, accablé de langueurs, afin de se relever avec vous à l'aurore d'un

jour nouveau, et d'être environné de splendeur dans le ciel.

Père saint, vous l'avez ainsi ordonné, ainsi voulu, et ce que vous avez commandé s'est

accompli.

4.Car c'est la grâce que vous faites à ceux que vous aimez, de souffrir en ce monde pour

votre amour, et d'être affligés autant de fois et par qui que ce soit que vous le

permettiez.

Rien ne se fait sur la terre sans raison, sans dessein et sans l'ordre de votre Providence.

Ce m'est un bien, Seigneur, que vous m'ayez humilié, afin que je m'instruise de votre

justice, et que je bannisse de mon coeur tout orgueil et toute présomption.

Il m'est utile d'avoir été couvert de confusion, afin que je cherche à me consoler plutôt

en vous que dans les hommes.

Par là j'ai appris encore à redouter vos jugements impénétrables, selon lesquels vous

affligez et le juste et l'impie, mais toujours avec équité et justice.

5.Je vous rends grâces de ce que vous ne m'avez point épargné les maux, et de ce qu'au

contraire vous m'avez sévèrement frappé, me chargeant de douleurs et m'accablant

d'angoisses au-dedans et au-dehors.

De tout ce qui est sous le ciel, il n'est rien qui me console; je n'espère qu'en vous, ô

mon Dieu ! céleste médecin des âmes, qui blessez et qui guérissez; qui conduisez

jusqu'aux enfers, et qui en ramenez.

Vous me guidez par vos enseignements, et votre verge même m'instruira.

6.Père uniquement aimé, voilà que je suis entre vos mains, je m'incline sous la verge qui

me corrige.

Frappez, frappez encore, afin que je réforme selon votre gré tout ce qu'il y a d'imparfait

en moi.

Faites de moi, comme vous le savez si bien faire, un disciple humble et pieux, toujours

prêt à vous obéir au moindre signe.

Je m'abandonne, moi et tout ce qui est à moi, à votre correction. Il vaut mieux être

châtié en ce monde qu'en l'autre.

Vous savez tout, vous pénétrez tout, et rien ne vous est caché dans la conscience de

l'homme.

Vous connaissez les choses futures avant qu'elles arrivent et il n'est pas besoin que

personne vous instruise ou vous avertisse de ce qui se passe sur la terre.

Vous savez ce qui est utile à mon avancement et combien la tribulation sert à consumer

la rouille des vices.

Disposez de moi selon votre bon plaisir et ne me délaissez point à cause de ma vie

toute de péché, que personne ne connaît mieux que vous.

7.Faites, Seigneur, que je sache ce que je dois savoir, que j'aime ce que je dois aimer, que

je loue ce qui vous est agréable, que j'estime ce qui est précieux devant vous, et que je

méprise ce qui est vil à vos regards.

Ne permettez pas que je juge d'après ce que l'oeil aperçoit au-dehors, ni que je forme

mes sentiments sur les discours insensés des hommes; mais faites que je porte un

jugement vrai des choses sensibles et spirituelles, et surtout que je cherche à connaître

votre volonté.

8.Souvent les hommes se trompent en ne jugeant que sur le témoignage des sens. Des

amateurs du siècle se trompent aussi en n'aimant que les choses visibles.

Un homme en vaut-il mieux parce qu'un autre homme l'estime grand ?

Quand un homme en exalte un autre, c'est un menteur qui trompe un menteur, un

superbe qui trompe un superbe, un aveugle qui trompe un aveugle, un malade qui

trompe un malade; et les vaines louanges sont une véritable confusion pour qui les

reçoit.

Car, "ce qu'un homme est à vos yeux, Seigneur, voilà ce qu'il est réellement, et rien de

plus", dit l'humble saint François.



51. Qu'il faut s'occuper d'oeuvres extérieures, quand l'âme est fatiguée

des exercices spirituels





1.Jésus-Christ: Mon fils, vous ne sauriez sentir toujours une égale ardeur pour la vertu,

ni vous maintenir sans relâche dans un haut degré de contemplation; mais il est

nécessaire à cause du vice de votre origine, que vous descendiez quelquefois à des

choses plus basses et que vous portiez, malgré vous et avec ennui, le poids de cette vie

corruptible.

Tant que vous traînerez ce corps mortel, vous éprouverez un grand dégoût et l'angoisse

du coeur.

Il vous faut donc, pendant que vous vivez dans la chair, gémir souvent du poids de la

chair, et de ne pouvoir continuellement vous appliquer aux exercices spirituels et à la

contemplation divine.

2.Cherchez alors un refuge dans d'humbles occupations extérieures, et dans les bonnes

oeuvres une distraction qui vous ranime, attendez avec une ferme confiance mon retour

et la grâce d'en haut; souffrez patiemment votre exil et la sécheresse du coeur, jusqu'à

ce que je vous visite de nouveau et que je vous délivre de toutes vos peines.

Car je reviendrai et je vous ferai oublier vos travaux et jouir du repos intérieur.

J'ouvrirai devant vous le champ des Ecritures afin que votre coeur, dilaté d'amour,

vous presse de courir dans la voie de mes commandements.

Et vous direz: Les souffrances du temps n'ont point de proportion avec la gloire

future qui sera manifestée en nous.





52. Que l'homme ne doit pas se juger digne des consolations de Dieu,

mais plutôt de châtiment





1.Le fidèle: Seigneur, je ne mérite point que vous me consoliez et que vous me visitiez;

ainsi vous en usez avec moi justement, lorsque vous me laissez pauvre et désolé.

Quand je répandrais des larmes aussi abondantes que les eaux de la mer, je ne serais pas

encore digne de vos consolations.

Rien ne m'est dû que la verge et le châtiment, car je vous ai souvent et grièvement

offensé, et mes péchés sont sans nombre.

Après donc un strict examen, je me reconnais indigne de la moindre consolation.

Mais vous, ô Dieu tendre et clément ! qui ne voulez pas que vos ouvrages périssent

pour faire éclater les richesses de votre bonté en des vases de miséricorde, vous

daignez consoler votre serviteur au-delà de ce qu'il mérite, et d'une manière toute

divine.

Car vos consolations ne sont point comme les vaines paroles des hommes !

2.Qu'ai-je fait, Seigneur, pour que vous me donniez quelque part aux consolations du

ciel ?

Je n'ai point de souvenir d'avoir fait aucun bien; toujours, au contraire, je fus enclin au

vice, et lent à me corriger.

Il est vrai, et je ne puis le nier. Si je parlais autrement, vous vous élèveriez contre moi

et personne ne me défendrait.

Qu'ai-je mérité pour mes péchés, sinon l'enfer et le feu éternel ?

Je le confesse avec sincérité: je ne suis digne que d'opprobre et de mépris; je ne mérite

point d'être compté parmi ceux qui sont à vous. Et, bien qu'il me soit douloureux de

l'entendre, je rendrai cependant contre moi témoignage à la vérité, je m'excuserai de

mes péchés, afin d'obtenir de vous plus aisément miséricorde.

3.Que dirai-je, couvert comme je le suis, de crime et de confusion ?

Je n'ai à dire que ce seul mot: J'ai péché, Seigneur; j'ai péché; ayez pitié de moi,

pardonnez-moi.

Laissez-moi un peu de temps pour exhaler ma douleur, avant que je m'en aille dans

la terre des ténèbres, que recouvre l'ombre de la mort.

Que demandez-vous d'un coupable, d'un misérable pécheur, sinon que, brisé de regrets,

il s'humilie de ses péchés ?

La véritable contrition et l'humiliation du coeur produisent l'espérance du pardon,

calment la conscience troublée, réparent la grâce perdue, protègent l'homme contre la

colère à venir; et c'est alors que se rapprochent et se réconcilient dans un saint baiser

Dieu et l'âme pénitente.

4.Cette humble douleur des péchés vous est, Seigneur, un sacrifice agréable, et d'une

odeur plus douce que celle de l'encens.

C'est le délicieux parfum que vous permîtes de répandre sur vos pieds sacrés: car vous

ne méprisez jamais un coeur contrit et humilié.

Là est le refuge contre la fureur de l'ennemi; là le pécheur se réforme et se purifie de

toutes les souillures qu'il a contractées au-dehors.



53. Que la grâce ne fructifie point en ceux qui ont le goût des choses de

la terre





1.Jésus-Christ: Mon fils, ma grâce est d'un grand prix, et ne souffre point le mélange des

choses étrangères, ni des consolations terrestres.

Il faut donc écarter tout ce qui l'arrête si vous désirez qu'elle se répande en vous.

Retirez-vous dans un lieu secret, aimez à demeurer seul avec vous-même, ne

recherchez l'entretien de personne; mais que votre âme s'épanche devant Dieu en de

ferventes prières afin de conserver la componction et une conscience pure.

Comptez pour rien le monde entier et occupez-vous de Dieu plutôt que des oeuvres

extérieures.

Car votre coeur ne peut pas être à moi et se plaire en même temps à ce qui passe.

Il faut vous séparer de vos connaissances et de vos amis, et sevrer votre âme de toute

consolation terrestre.

C'est ainsi que le bienheureux apôtre Pierre conjure les fidèles serviteurs de

Jésus-Christ de se regarder ici-bas comme des étrangers et des voyageurs.

2.Oh ! qu'il aura de la confiance à l'heure de la mort, celui que nul attachement ne retient

en ce monde !

Mais un esprit encore malade ne comprend pas que le coeur soit ainsi détaché de tout;

et l'homme charnel ne connaît point la liberté de l'homme intérieur.

Cependant pour devenir vraiment spirituel, il faut renoncer à ses proches comme aux

étrangers et ne se garder de personne plus que de soi-même.

Si vous parvenez à vous vaincre parfaitement, vous vaincrez aisément tout le reste.

La parfaite victoire est de triompher de soi-même.

Celui qui se tient tellement assujetti, que les sens obéissent à la raison, et que la raison

m'obéisse en tout, est véritablement vainqueur de lui-même et maître du monde.

3.Si vous aspirez à cette haute perfection, il faut commencer avec courage et mettre la

cognée à la racine de l'arbre, pour arracher et détruire jusqu'aux restes les plus cachés

de l'amour déréglé de vous-même, et des biens sensibles et particuliers.

De cet amour désordonné que l'homme a pour lui-même naissent presque tous les vices

qu'il doit vaincre et déraciner; et dès qu'il l'aura subjugué pleinement, il jouira d'un

calme et d'une paix profonde.

Mais parce qu'il en est peu qui travaillent à mourir parfaitement à eux-mêmes, à sortir

d'eux-mêmes entièrement, ils demeurent comme ensevelis dans la chair et ne peuvent

s'élever au-dessus des sens.

Celui qui veut me suivre librement, il faut qu'il mortifie toutes ses inclinations

déréglées et qu'il ne s'attache à nulle créature par un amour de convoitise ou

particulier.





54. Des divers mouvements de la nature et de la grâce





1.Jésus-Christ: Mon fils, observez avec soin les mouvements de la nature et de la grâce,

car, quoique très opposés, la différence en est quelquefois si imperceptible, qu'à peine

un homme éclairé dans la vie spirituelle en peut-il faire le discernement.

Tous les hommes ont le désir du bien et tendent à quelque bien dans leurs paroles et

dans leurs actions: c'est pourquoi plusieurs sont trompés dans cette apparence de bien.

2.La nature est pleine d'artifice; elle attire, elle surprend, elle séduit, et n'a jamais d'autre

fin qu'elle-même.

La grâce, au contraire, agit avec simplicité et fuit jusqu'à la moindre apparence du mal;

elle ne tend point de pièges et fait tout pour Dieu seul, en qui elle se repose comme en

sa fin.

3.La nature répugne à mourir; elle ne veut point être contrainte, ni vaincue, ni assujettie,

ni se soumettre volontairement. Mais la grâce porte à se mortifier soi-même, résiste à

la sensualité, recherche l'assujettissement, aspire à être vaincue et ne veut pas jouir de

sa liberté; elle aime la dépendance, ne désire dominer personne, mais vivre, demeurer,

être toujours sous la main de Dieu et, à cause de Dieu, elle est prête à s'abaisser

humblement au-dessous de toute créature.

4.La nature travaille pour son intérêt propre et calcule le bien qu'elle peut retirer des

autres.

La grâce ne considère point ce qui lui est avantageux, mais ce qui peut être utile à

plusieurs.

5.La nature aime à recevoir les respects et les honneurs.

La grâce renvoie fidèlement à Dieu tout honneur et toute gloire.

6.La nature craint la confusion et le mépris.

La grâce se réjouit de souffrir des outrages pour le nom de Jésus.

7.La nature aime l'oisiveté et le repos du corps.

La grâce ne peut être oisive et se fait une joie du travail.

8.La nature recherche les choses curieuses et belles, et repousse avec horreur ce qui est

vil et grossier.

La grâce se complaît dans les choses simples et humbles; elle ne dédaigne point ce qu'il

y a de plus rude et ne refuse point de se vêtir de haillons.

9.La nature convoite les biens du temps, elle se réjouit du gain terrestre, s'afflige d'une

perte et s'irrite d'une légère injure.

La grâce n'aspire qu'aux biens éternels et ne s'attache point à ceux du temps; elle ne se

trouble d'aucune perte et ne s'offense point des paroles les plus dures, parce qu'elle a

mis son trésor et sa joie dans le ciel, où rien ne périt.

10.La nature est avide et reçoit plus volontiers qu'elle ne donne; elle aime ce qui lui est

propre et particulier.

La grâce est généreuse et ne se réserve rien; elle évite la singularité, se contente de peu

et croit qu'il est plus heureux de donner que de recevoir.

11.La nature porte vers les créatures, la chair, les vanités, elle est bien aise de se produire.

La grâce élève à Dieu, excite la vertu, renonce aux créatures, fuit le monde, hait les

désirs de la chair, ne se répand point au-dehors, et rougit de paraître devant les hommes.

12.La nature se réjouit d'avoir quelque consolation extérieure qui flatte le penchant des

sens.

La grâce ne cherche de consolation qu'en Dieu seul et, s'élevant au-dessus des choses

visibles, elle met tous ses délices dans le souverain bien.

13.La nature agit en tout pour le gain et pour son avantage propre; elle ne sait rien faire

gratuitement mais, en obligeant, elle espère obtenir quelque chose d'égal ou de

meilleur, des faveurs ou des louanges; et elle veut qu'on tienne pour beaucoup tout ce

qu'elle fait et tout ce qu'elle donne.

La grâce ne veut rien de temporel, elle ne demande d'autre récompense que Dieu seul et

ne désire des choses du temps, même les plus nécessaires, que ce qui peut lui servir

pour acquérir les biens éternels.

14.La nature se complaît dans le grand nombre des amis et des parents; elle se glorifie d'un

rang élevé, d'une naissance illustre; elle sourit aux puissants, flatte les riches et

applaudit à ceux qui lui ressemblent.

La grâce aime ses ennemis mêmes, et ne s'enorgueillit point du nombre de ses amis; elle

ne compte pour rien la noblesse et les ancêtres, à moins qu'ils ne se soient distingués

par la vertu; elle favorise plutôt le pauvre que le riche, compatit plus à l'innocent qu'au

puissant, recherche l'homme vrai, fuit le menteur, et ne cesse d'exhorter les bons à

s'efforcer de devenir meilleurs, afin de se rendre semblables au Fils de Dieu par leurs

vertus.

15.La nature est prompte à se plaindre de ce qui lui manque et de ce qui la blesse.

La grâce supporte avec constance la pauvreté.

16.La nature rapporte tout à elle-même, combat, discute pour ses intérêts.

La grâce ramène tout à Dieu, de qui tout émane originairement; elle ne s'attribue aucun

bien, ne présume point d'elle-même avec arrogance, ne conteste point, ne préfère point

son opinion à celle des autres; mais elle soumet toutes ses pensées et tous ses

sentiments à l'éternelle sagesse et au jugement de Dieu.

17.La nature est curieuse de secrets et de nouvelles; elle veut se montrer et voir, et

examiner par elle-même; elle désire d'être connue et de s'attirer la louange et

l'admiration.

La grâce ne s'occupe point de nouvelles ni de ce qui nourrit la curiosité; car tout cela

n'est que la renaissance d'une vieille corruption, puisqu'il n'y a rien de nouveau ni de

stable sur la terre.

Elle enseigne à réprimer les sens, à fuir la vaine complaisance et l'ostentation, à cacher

humblement ce qui mérite l'éloge et l'estime, et à ne chercher en ce qu'on sait et en

toute chose, que ce qui peut être utile, et l'honneur et la gloire de Dieu.

Elle ne veut point qu'on loue ni elle ni ses oeuvres; mais elle désire que Dieu soit béni

dans les dons qu'il répand par pur amour.

18.Cette grâce est une lumière surnaturelle, un don spécial de Dieu; c'est proprement le

sceau des élus; c'est le gage du salut éternel. De la terre, où son coeur gisait, elle élève

l'homme jusqu'à l'amour des biens célestes, et le rend spirituel, de charnel qu'il était.

Plus donc la nature est affaiblie et vaincue, plus la grâce se répand avec abondance; et

chaque jour, par de nouvelles effusions, elle rétablit au-dedans de l'homme l'image de

Dieu.





55. De la corruption de la nature, et de l'efficace de la grâce divine





1.Le fidèle: Seigneur mon Dieu, qui m'avez créé à votre image et à votre ressemblance,

accordez-moi cette grâce dont vous m'avez montré l'excellence et la nécessité pour le

salut, afin que je puisse vaincre ma nature corrompue, qui m'entraîne au péché et dans

la perdition.

Car je sens en ma chair la loi du péché qui contredit la loi de l'esprit, et m'asservit

aux sens pour que je leur obéisse en esclave; et je ne puis résister aux passions qu'ils

soulèvent en moi, si vous ne me secourez, en ranimant mon coeur par l'effusion de

votre sainte grâce.

2.Votre grâce, et une grâce très grande, est nécessaire pour vaincre la nature, inclinée au

mal dès l'enfance.

Car, déchue en Adam, notre premier père, et dépravée par le péché, cette tache passe

dans tous les hommes, et ils en portent la peine, de sorte que cette nature même, que

vous avez créée dans la justice et dans la droiture, ne rappelle plus que la faiblesse et le

dérèglement d'une nature corrompue, parce que, laissée à elle-même, son propre

mouvement ne la porte qu'au mal et vers les choses de la terre.

Le peu de force qui lui est restée est comme une étincelle cachée sous la cendre.

C'est cette raison naturelle, environnée de profondes ténèbres, sachant encore discerner

le bien du mal, le vrai du faux, mais impuissante à accomplir ce qu'elle approuve, parce

qu'elle ne possède pas la pleine lumière de la vérité et que toutes ses affections sont

malades.

3.De là vient, mon Dieu, que je me réjouis en votre loi selon l'homme intérieur,

reconnaissant que vos commandements sont bons, justes et saints, qui condamnent

tout mal et détournent du péché.

Mais, dans ma chair, je suis asservi à la loi du péché, obéissant plutôt aux sens qu'à la

raison, voulant le bien et n'ayant pas la force de l'accomplir.

C'est pourquoi souvent je forme de bonnes résolutions; mais la grâce qui aide ma

faiblesse venant à manquer, au moindre obstacle je cède et je tombe.

Je découvre la voie de la perfection et je vois clairement ce que je dois faire.

Mais accablé du poids de ma corruption, je ne m'élève à rien de parfait.

4.Oh ! que votre grâce, Seigneur, m'est nécessaire, pour commencer le bien, le continuer

et l'achever !

Car sans elle je ne puis rien faire; mais je puis tout en vous, quand votre grâce me

fortifie.

Ô grâce vraiment céleste, sans laquelle nos mérites et les dons de la nature ne sont rien !

Les arts, les richesses, la beauté, la force, le génie, l'éloquence n'ont aucun prix,

Seigneur, à vos yeux, sans la grâce.

Car les dons de la nature sont communs aux bons et aux méchants, mais la grâce ou la

charité est le don propre des élus; elle est le signe auquel on reconnaît ceux qui sont

dignes de la vie éternelle.

Telle est l'excellence de cette grâce, que ni le don de prophétie, ni le pouvoir d'opérer

des miracles, ni la plus haute contemplation, ne doivent être comptées pour quelque

chose sans elle.

Ni la foi, ni l'espérance, ni les autres vertus, ne vous sont agréables sans la grâce et sans

la charité.

5.Ô bienheureuse grâce, qui rendez riche en vertus le pauvre d'esprit, et celui qui possède

de grands biens humble de coeur !

Venez, descendez en moi, remplissez-moi dès le matin de votre consolation, de peur

que mon âme, épuisée, aride, ne vienne défaillir de lassitude.

J'implore votre grâce, ô mon Dieu ! je ne veux qu'elle; car votre grâce me suffit, quand

je n'obtiendrais rien de ce que la nature désire.

Si je suis éprouvé, tourmenté par beaucoup de tribulations, je ne craindrai aucun maux,

tandis que votre grâce sera avec moi.

Elle est ma force, mon conseil, mon appui.

Elle est plus puissante que tous les ennemis et plus sage que tous les sages.

6.Elle enseigne la vérité et règle la conduite; elle est la lumière du coeur et sa consolation

dans l'angoisse; elle chasse la tristesse, dissipe la crainte, nourrit la piété, produit les

larmes.

Que suis-je sans elle, qu'un bois sec, un rameau stérile qui n'est bon qu'à jeter ?

"Que votre grâce, Seigneur, me prévienne donc et m'accompagne toujours; qu'elle me

rende sans cesse attentif à la pratique des bonnes oeuvres: je vous en conjure par

Jésus-Christ, votre Fils. Ainsi soit-il."



56. Que nous devons nous renoncer nous-mêmes et imiter Jésus-Christ

en portant la Croix





1.Jésus-Christ: Mon fils, vous n'entrerez en moi qu'autant que vous sortirez de

vous-même.

Comme on possède en soi la paix lorsqu'on ne désire rien au-dehors, ainsi le

renoncement intérieur unit à Dieu.

Je veux que vous appreniez à vous renoncer assez parfaitement pour vous soumettre à

ma volonté sans répugnance et sans murmure.

Suivez-moi: je suis la voie, la vérité et la vie. Sans la voie on n'avance pas; sans la

vérité on ne connaît pas; on ne vit point sans la vie. Je suis la voie que vous devez

suivre, la vérité que vous devez croire, la vie que vous devez espérer.

Je suis la voie qui n'égare point, la vérité qui ne trompe point, la vie qui ne finira

jamais.

Je suis la voie droite, la vérité souveraine, la véritable vie, la vie bienheureuse, la vie

incréée.

Si vous demeurez dans ma voie, vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous délivrera,

et vous obtiendrez la vie éternelle.

2.Si vous voulez parvenir à la vie, gardez mes commandements.

Si vous voulez connaître la vérité, croyez-moi.

Si vous voulez être parfait, vendez tout.

Si vous voulez être mon disciple, renoncez-vous vous-même.

Si vous voulez posséder la vie bienheureuse, méprisez la vie présente.

Si vous voulez être élevé dans le ciel, humiliez-vous sur la terre.

Si vous voulez régner avec moi, portez la Croix avec moi.

Car les serviteurs de la Croix trouvent seuls la voie de la béatitude et de la vraie

lumière.

3.Le fidèle: Seigneur Jésus, puisque votre vie était pauvre et que le monde la méprisait,

donnez-moi de vous imiter et d'être aussi méprisé du monde.

Car le serviteur n'est pas plus grand que celui qu'il sert, ni le disciple au-dessus de

son maître.

Que votre serviteur travaille à se former sur votre vie, parce que là est mon salut et la

vraie sainteté.

Tout ce que je lis, tout ce que j'entends, hors cette vie céleste, ne me console ni ne me

satisfait pleinement.

4.Jésus-Christ: Mon fils, puisque vous avez lu et que vous savez toutes ces choses, vous

serez heureux si vous les pratiquez.

Celui-là m'aime, qui connaît et observe mes commandements; et je l'aimerai aussi, et

je me manifesterai à lui, et je le ferai asseoir avec moi dans le royaume de mon Père.

5.Le fidèle: Seigneur Jésus, qu'il soit fait selon votre parole et votre promesse;

rendez-moi digne de ce bonheur immense.

J'ai reçu, j'ai reçu de votre main la Croix; je la porterai, oui, je la porterai comme vous

l'avez voulu, jusqu'à la mort.

Certes, la vie d'un bon religieux est une croix, mais une croix qui conduit à la gloire.

J'ai commencé, il n'est plus permis de retourner en arrière; il n'y a plus à s'arrêter.

6.Allons, mes frères, marchons ensemble, Jésus sera avec nous.

Pour Jésus, nous nous sommes chargés de la Croix; continuons, pour Jésus, de porter

la Croix.

Il sera notre soutien, celui qui est notre chef et notre guide.

Voilà que notre Roi marche devant nous; il combattra pour nous.

Suivons avec courage, que rien ne nous effraye; soyons prêts à mourir généreusement

dans cette guerre, et ne souillons pas notre gloire de la honte d'avoir fui la Croix.



57. Qu'on ne doit pas se laisser trop abattre quand on tombe en

quelques fautes





1.Jésus-Christ: Mon fils, la patience et l'humilité dans les traverses me plaisent plus que

beaucoup de joie et de ferveur dans la prospérité.

Pourquoi vous attrister d'une faute légère qu'on vous attribue ? Fût-elle plus grave,

vous ne devriez pas en être ému.

Laissez donc tomber cela; ce n'est pas une chose nouvelle, ni la première fois que vous

l'éprouvez, et ce ne sera pas la dernière, si vous vivez longtemps.

Vous avez assez de courage quand il ne vous arrive rien de fâcheux.

Vous savez même conseiller bien les autres et les fortifier par vos discours; mais

lorsqu'il vous survient une affliction soudaine, vous manquez de conseil et de force.

Considérez votre extrême fragilité, dont vous avez si souvent l'expérience dans les plus

petites choses; et toutefois Dieu le permet ainsi pour votre salut.

2.Bannissez de votre coeur, autant que vous le pourrez, tout ce qui le trouble. A-t'il été

surpris, qu'il ne se laisse point abattre, mais qu'il se dégage sur-le-champ.

Souffrez au moins avec patience, si vous ne pouvez souffrir avec joie.

Lorsque vous êtes peiné d'entendre certaines choses et que vous en ressentez de

l'indignation, modérez-vous et veillez à ce qu'il ne vous échappe aucune parole trop

vive qui scandalise les faibles.

Votre émotion s'apaisera bientôt, et le retour de la grâce adoucira l'amertume

intérieure.

Je suis toujours vivant, dit le Seigneur, pour vous secourir et vous consoler plus que

jamais, si vous mettez en moi votre confiance et si vous m'invoquez avec ferveur.

3.Armez-vous de constance et préparez-vous à souffrir encore davantage.

Tout n'est pas perdu, quoique souvent vous soyez dans le trouble et tenté violemment.

Vous êtes un homme, et non pas un Dieu; vous êtes de chair, et non pas un ange.

Comment pourriez-vous toujours vous maintenir dans un égal degré de vertu lorsque

cette persévérance a manqué à l'ange dans le ciel et au premier homme dans le paradis ?

C'est moi qui soutiens et qui délivre ceux qui gémissent;et j'élève jusqu'à moi ceux qui

reconnaissent leur infirmité.

4.Le fidèle: Seigneur, que votre parole soit bénie; elle m'est plus douce que le miel à ma

bouche.

Que ferais-je au milieu de tant d'afflictions et d'angoisses, si vous ne me ranimiez par

vos saintes paroles ?

Pourvu que je parvienne enfin au port du salut, peu m'importe que je souffre, et

combien je souffre.

Accordez-moi une bonne fin: donnez-moi de passer heureusement de ce monde à

l'autre.

Souvenez-vous de moi, mon Dieu, et conduisez-moi dans la voie droite vers votre

royaume. Ainsi soit-il.





58. Qu'il ne faut pas chercher à pénétrer ce qui est au-dessus de nous,

ni sonder les secrets jugements de Dieu





1.Jésus-Christ: Mon fils, gardez-vous de disputer sur des sujets trop hauts et sur les

jugements cachés de Dieu; pourquoi l'un est abandonné tandis qu'un autre reçoit des

grâces si abondantes; pourquoi celui-ci n'a que des afflictions et celui-là est comblé

d'honneurs.

Tout cela est au-dessus de l'esprit de l'homme et nulle raison ne peut, quels qu'en soient

ses efforts, pénétrer les jugements divins.

Quand donc l'ennemi vous suggère de semblables pensées ou que les hommes vous

pressent de questions curieuses, répondez par ces paroles du prophète: Vous êtes juste,

Seigneur, et vos jugements sont droits.

2.Et encore: Les jugements du Seigneur sont vrais et se justifient par eux-mêmes.

Il faut craindre mes jugements et non les approfondir, parce qu'ils sont

incompréhensibles à l'intelligence humaine.

Ne disputez pas non plus des mérites des saints, ne recherchez point si celui-ci est plus

saint que cet autre, ni quel est le plus grand dans le royaume des cieux.

Ces recherches produisent souvent des différends et des contestations inutiles: elles

nourrissent l'orgueil et la vaine gloire, d'où naissent des jalousies et des dissensions,

celui-ci préférant tel saint, celui-là tel autre, et voulant qu'il soit le plus élevé.

L'examen de pareilles questions, loin d'apporter aucun fruit, déplaît aux saints. Car je

ne suis point un Dieu de dissension mais de paix, et cette paix consiste plus à

s'humilier sincèrement qu'à s'élever.

3.Quelques-uns ont un zèle plus ardent, une affection plus vive pour quelques saints que

pour d'autres; mais cette affection vient plutôt de l'homme que de Dieu.

C'est moi qui ai fait tous les saints, moi qui leur ai donné la grâce, moi qui leur ai

distribué la gloire.

Je sais les mérites de chacun: je les ai prévenus de mes plus douces bénédictions.

Je les ai connus et aimés avant tous les siècles: je les ai choisis au milieu du monde et

ce ne sont pas eux qui m'ont choisi les premiers.

Je les ai appelés par ma grâce; je les ai attirés par ma miséricorde, et conduits à travers

des tentations diverses.

J'ai répandu en eux d'ineffables consolations: je leur ai donné de persévérer et j'ai

couronné leur patience.

4.Je connais le premier et le dernier et je les embrasse tous dans mon amour immense.

C'est moi qu'on doit louer dans tous mes saints, moi qu'on doit bénir au-dessus de tous

et honorer en chacun de ceux que j'ai ainsi élevés dans la gloire et prédestinés, sans

aucun mérites précédents de leur part.

Celui donc qui méprise le plus petit des miens n'honore pas le plus grand parce que j'ai

fait le petit et le grand.

Et quiconque rabaisse quelqu'un de mes saints me rabaisse moi-même et tous ceux qui

sont dans le royaume des cieux.

Tous ne sont qu'un par le lien de la charité; ils n'ont tous qu'un même sentiment, une

même volonté, et sont tous unis par le même amour.

5.Et ce qui est plus parfait encore, ils m'aiment plus qu'ils ne s'aiment, plus que tous

leurs mérites.

Ravis au-dessus d'eux-mêmes, au-dessus de leur propre amour, ils se plongent et se

perdent dans le mien et s'y reposent délicieusement.

Rien ne saurait partager leur coeur ni les détourner vers un autre objet; parce que,

remplis de la vérité éternelle, ils brûlent d'une charité qui ne peut s'éteindre.

Que les hommes ensevelis dans la chair et ses convoitises, les hommes qui ne savent

aimer que les joies exclusives, cessent donc de discourir sur l'état des saints. Ils

retranchent et ils ajoutent suivant leur inclination, et non pas selon que l'a réglé la

Vérité éternelle.

6.En plusieurs c'est l'ignorance, et surtout en ceux qui, peu éclairés par la lumière divine,

aiment rarement quelqu'un d'un amour parfait et purement spirituel.

Une inclination naturelle et une affection toute humaine les attire vers tel ou tel saint;

et ils transportent dans le ciel les sentiments de la terre.

Mais il y a une distance infinie entre les pensées des hommes imparfaits et ce que la

lumière d'en haut découvre à ceux qu'elle éclaire.

7.Gardez-vous donc, mon fils, de raisonner curieusement sur ces choses qui passent votre

intelligence; travaillez plutôt avec ardeur à obtenir une place, fût-ce la dernière, dans le

royaume de Dieu.

Et quand quelqu'un saurait qui des saints est le plus parfait et le plus grand dans le

royaume céleste, que lui servirait cette connaissance, s'il n'en tirait un nouveau motif

de s'humilier devant moi et de me louer davantage ?

Celui qui pense à la grandeur de ses péchés, à son peu de vertu, qui considère combien

il est éloigné de la perfection des saints, se rend plus agréable à Dieu que celui qui

dispute sur le degré plus ou moins élevé de leur gloire.

Il vaut mieux prier les saints avec larmes et avec ferveur et implorer humblement leurs

glorieux suffrages, que de chercher vainement à pénétrer le secret de leur état dans le

ciel.

8.Ils sont heureux, contents; qu'avons-nous besoin d'en savoir plus, et n'est-ce pas assez

pour réprimer tous nos vains discours ?

Ils ne se glorifient point de leurs mérites parce qu'ils ne s'attribuent rien de bon, mais

qu'ils attribuent tout à moi, qui leur ai tout donné par une charité infinie.

Ils sont remplis d'un si grand amour de la Divinité, d'une joie si surabondante que,

comme il ne manque rien à leur gloire, rien ne peut manquer à leur félicité.

Plus ils sont élevés dans la gloire, plus ils sont humbles en eux-mêmes, et leur humilité

me les rend plus chers et les unit plus étroitement à moi.

C'est pourquoi il est écrit qu'ils déposaient leurs couronnes au pied du trône de Dieu,

qu'ils se prosternaient devant l'Agneau, et qu'ils adoraient Celui qui vit dans les

siècles des siècles.

9.Plusieurs recherchent qui est le premier dans le royaume de Dieu, lesquels ignorent

s'ils seront dignes d'être comptés parmi les derniers.

C'est déjà quelque chose de grand d'être le plus petit dans le ciel, où tous sont grands,

parce que tous seront appelés et seront en effet les enfants de Dieu.

Le moindre des élus sera comme le chef d'un peuple nombreux tandis que le pécheur,

après une longue vie, ne trouvera que la mort.

Ainsi, quand mes disciples demandèrent qui serait le plus grand dans le royaume des

cieux, ils entendirent cette réponse: Si vous ne vous convertissez et ne devenez comme

des petits enfants, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux. Celui donc qui se

fera petit comme cet enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux.

10.Malheur à ceux qui dédaignent de s'abaisser avec les petits parce que la porte du ciel est

basse et qu'ils n'y pourront passer.

Malheur aussi aux riches qui ont ici leur consolation parce que, quand les pauvres

entreront dans le royaume de Dieu, ils demeureront dehors poussant des hurlements.

Humbles, réjouissez-vous; pauvres, tressaillez d'allégresse; parce que le royaume de

Dieu est à vous, si cependant vous marchez dans la vérité.



59. Qu'on doit mettre toute son espérance et toute sa confiance en Dieu

seul





1.Le fidèle: Seigneur, quelle est ma confiance en cette vie et ma plus grande consolation

au milieu de tout ce qui s'offre à mes regards sous le ciel ?

N'est-ce pas vous, Seigneur mon Dieu, dont la miséricorde est infinie ?

Où ai-je été bien sans vous ? et avec vous où ai-je pu être mal ?

J'aime mieux être pauvre à cause de vous que riche sans vous.

J'aime mieux être avec vous voyageur sur la terre, que de posséder le ciel sans vous. Où

vous êtes, là est le ciel; et la mort et l'enfer sont où vous n'êtes pas.

Vous êtes tout mon désir; et c'est pourquoi je ne puis, loin de vous, que soupirer,

gémir, prier.

Je ne puis me confier pleinement qu'en vous, ni espérer dans mes besoins de secours

que de vous seul, ô mon Dieu !

Vous êtes mon espérance, ma confiance, mon consolateur toujours fidèle.

2.Tous cherchent leur intérêt: vous seul vous ne cherchez que mon salut et mon

avancement, et vous disposez tout pour mon bien.

Même quand vous m'exposez à beaucoup de tentations et de peines, c'est encore pour

mon avantage; car vous avez coutume d'éprouver ainsi ceux qui vous sont chers.

Et je ne dois pas moins vous aimer ni vous louer dans ces épreuves, que si vous me

remplissiez des plus douces consolations.

3.C'est donc en vous, Seigneur mon Dieu, que je mets toute mon espérance et tout mon

appui; c'est dans votre sein que je dépose toutes mes afflictions et toutes mes angoisses;

car je ne trouve que faiblesse et inconstance dans tout ce que je vois hors de vous.

Il n'est point d'amis qui puissent me servir, point de protecteurs qui me soient de

secours, ni de sages qui me donnent un conseil utile, ni de livre qui me console, ni de

trésor assez grand pour me racheter, ni de lieu assez secret pour m'offrir un sûr asile, si

vous ne daignez vous-même me secourir, m'aider, me fortifier, me consoler,

m'instruire et me prendre sous votre garde.

4.Car tout ce qui semble devoir procurer la paix et le bonheur n'est rien sans vous et

réellement ne sert de rien pour rendre heureux.

Vous êtes donc le principe et le terme de tous les biens, la plénitude de la vie, la source

inépuisable de toute lumière et de toute parole; et la plus grande consolation de vos

serviteurs est d'espérer uniquement en vous.

Mes yeux sont élevés vers vous; en vous je mets toute ma confiance, mon Dieu, Père

des miséricordes.

Sanctifiez mon âme, bénissez-la de votre céleste bénédiction, afin qu'elle devienne

votre demeure sainte, le siège de votre éternelle gloire, et que, dans ce temple où vous

ne dédaignez pas d'habiter, il n'y ait rien qui offense vos regards.

Regardez-moi, Seigneur, dans votre immense bonté et, selon l'abondance de vos

miséricordes, exaucez la prière de votre serviteur, misérable exilé loin de vous dans la

région des ténèbres et de la mort.

Protégez et conservez l'âme de votre pauvre serviteur au milieu des dangers de cette vie

corruptible; que votre grâce l'accompagne et la conduise, par le chemin de la paix, dans

la patrie de l'éternelle lumière. Ainsi soit-il.


_________________


La force de celui qui croit en Dieu n'est pas en Dieu mais dans sa foi.


L’abondance de l'Univers se manifeste dans ma Vie .(la répéter , s'en imprégner , jusqu'à ce qu'elle se manifeste).
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